#IVGcestsondroit

Elle vient par choix, comme beaucoup de celles qui sont déjà passées ici.

Elle vient de loin, parce-que ce n’est pas facile, parce qu’il n’y en a pas beaucoup, parce qu’en fait, il n’y a pas vraiment le choix.

Pour pouvoir exercer son choix, elle a dû sonner aux portes de quatre hôpitaux et d’une clinique, et la réponse était toujours la même : «  le planning est plein, demandez ailleurs ». Jusqu’au dernier appel, qui lui indique qu’à 35 Km de chez elle, peut-être, il y a un médecin qui aura le temps de la prendre en charge.

Alors, elle est venue, de loin, comme les autres, après avoir pris rendez-vous, en bénissant le ciel d’avoir pu en trouver un qui veuille bien, et qui sache faire.

#IVGcestmondroit,  mais ce n’est pas si simple : il faut être sûre, prouver la grossesse, faire l’échographie de datation, et obtenir un rendez-vous chez un praticien formé et agréé par un centre d’orthogénie, tout cela avant 7 semaines d’aménorrhée pour une IVG médicamenteuse « en ville », jusqu’à 9 semaines à l’hôpital, et avant 12 semaines pour une IVG chirurgicale.

Pour le médecin, ce n’est pas simple non plus, il faut faire une formation à l’IVG médicamenteuse (1 journée) pour apprendre ce que les « pionniers »ont inventé avant la loi Weil, et fort du sésame de cette formation, il faut commencer le chemin de croix de l’agrément avec un centre d’orthogénie (ils sont tous débordés, mais un seul sur 4 a donné suite à ma demande dans un secteur de 70km²).

Puis, une fois le centre trouvé, il faut signer avec lui une convention de partenariat, et enfin apparaitre dans leurs fichiers en cas de besoin.

Et pourtant le besoin existe bien (22 actes d’IVG Médicamenteuses en 3 mois….)

Elle est donc là, devant moi, par choix, celui de ne pas poursuivre cette grossesse, celui d’avorter. Elle a apporté son dosage de BetaHcg, son échographie de datation, sa carte de groupe sanguin, et sa carte vitale. Pour elle, c’est la première fois (certaines patientes font cette démarche plusieurs fois) ; elle ne sait pas comment cela va se passer, mais le simple fait d’avoir obtenu le rendez-vous est, en soi, une victoire.

Alors voici comment cela se passe : après avoir vérifié le groupe sanguin et surtout l’absence de risque d’immunisation fœto-maternelle, on détaille la « procédure ». D’abord, et devant moi, prendre 3 cp de MIFEGYNE, puis, dans 3 jours, (selon les protocoles) 2 cp de Cytotec toutes les demi-heures 3 fois de suite, soit 6 cp et rester ce jour-là à la maison, à proximité de toilettes, ne pas rester seule, et ne rien avoir prévu de faire, et de préférence faire garder les enfants si on en a déja. Puis, visite de contrôle à 15 jours, avec nouvelle prise de sang pour juger de l’effondrement attendu du taux de BetaHcg, puis ce sera fini ( en n’oubliant pas de préciser : douleurs, saignements, risque d’échec, risques de complications, ou de rétention).

Donc, pour un choix en libre accès, il faut surmonter les obstacles des rendez-vous trop peu nombreux en hospitalier, trouver l’hypothétique médecin généraliste formé et agréé, faire 2 prises de sang au moins, une échographie, et 2 consultations chez le médecin dont on ignorait jusqu’à l’existence hier, ceci quand il n’y a pas de complications ou d’échec de la méthode.

Alors pas facile, pas simple, et révélateur d’un manque de médecins ou sages-femmes disponibles et disposés à réaliser cet acte.

Révélateur aussi d’un problème plus vaste, celui de la contraception, qui n’est pas toujours, loin s’en faut, adaptée et optimisée par les femmes ; 15 femmes sur 22 n’étaient pas satisfaites de leur mode de contraception, mais comme on ne leur avait pas donné le choix, faisaient avec celle qui leur avait été délivrée, voire imposée. Que le DIU et l’implant ne sont pas encore assez proposés au choix des femmes. Et que ce n’est pas si simple de prendre 1 comprimé tous les jours à heure fixe lorsque l’on n’est pas malade, que c’est difficile d’être la seule responsable de la contraception dans le couple voire dans la famille ; et parce que ce n’est pas juste d’être en plus obligée de subir les conséquences si démesurées d’un oubli somme toute si, prévisible.

#IVGcestmondroit , mais ce n’est pas si simple, hélas.

           2 sans-titre

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