Coopérance

 

Coopération et Espérance sont les maîtres mots de ce modeste billet qui témoigne de mon interrogation sur les places de chacun et de chacune dans les soins de premier recours, tels qu’ils sont établis dans les référentiels métiers des professions de santé par rapport au vécu, souvent douloureux de ceux qui les pratiquent.

Suite aux manifestations de nos consœurs Sages-Femmes, et à leurs revendications légitimes, je me suis demandé quelle était la place de chacun dans le parcours de soins d’un individu standard résidant en France, et quel était le « cœur de métier » de chacune de nos facettes de professionnels de santé.

Pour cela, un petit ouvrage : -« Référentiels Métiers et Compétences »  disponible ici : http://boutique.berger-levrault.fr/sante-social/ouvrages/ressources-humaines/referentiel-metier-et-competences-commun.html,

 et les sites des différents ordres :  – http://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/cnpmetiermedecin2007.pdf

http://www.ordre-sages-femmes.fr/NET/img/upload/1/666_REFERENTIELSAGES-FEMMES2010.pdf

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, les métiers de Sage-femme, de Médecin généraliste, et de gynécologue-obstétricien sont  regroupés dans le même ouvrage, témoignant du rôle important de ces trois personnages dans la Médecine de premier recours.

L’état des lieux n’est guère reluisant : le corps médical vieillit, la population  médicale se raréfie, et les gynécologues sont de plus en plus obstétriciens. Les Sages-Femmes sortent de l’hôpital et revendiquent leur place d’actrices de premier recours dans la gestion de la santé des femmes.

Où est le problème ?

Quelles sont les compétences de chacun ?

Statistique : « les femmes de 16 à 64 ans consultent le médecin généraliste plus que les hommes. Elles représentent 58% des consultants du médecin généraliste alors qu’elles sont 51% de la population française. Cette différence s’explique pour l’essentiel par les problèmes liés à l’activité génitale avec la contraception et les grossesses, mais aussi par l’espérance de  vie plus longue des femmes » (référentiel mgform.org). Elles s’orientent préférentiellement vers les femmes médecin.

Dans le menu des compétences des médecins généralistes existe un item : « assurer le suivi d’une femme aux différentes étapes de sa vie ».

Les Sages-femmes, depuis l’Egypte ancienne (mariage à 15 ans, 8 à 10 enfants et sages-femmes prêtresses), gérées par ISIS-HATHOR, maitresse sage-femme de l’équipe obstétricale divine ; puis dans la Grèce antique , médecins des femmes et des enfants( traité post- hippocratique des « maladies des femmes fut écrit par une sage- femme) ; encore chez les Hébreux qui ne permettent pas aux hommes de soigner leurs épouses, les sages-femmes étaient une corporation ; la Rome antique, les « Maïa » étaient organisées en corps de métier, et ont rédigé un traité d’obstétrique ; enfin, dès le 17éme siècle, la communauté des sages-femmes est reconnue, sous l’égide de Madame de Coudray, l’enseignement de l’obstétrique en est transformé ; depuis 1973, les études de sage-femme deviennent indépendantes des autre professions de santé. Depuis 2011, 4 ans de formation, concours de PAES obligatoire pour entrer en école.

Dans leurs compétences, on trouve : « l’exercice de la profession de sage-femme peut comporter la réalisation de consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention chez des femmes en bonne santé, sous réserve que la SF adresse la femme à un médecin en cas de situation pathologique », les sages-femmes sont autorisées à pratiquer des vaccinations aux femmes et aux nouveau-nés, à réaliser les frottis, et à prescrire les contraceptifs oraux intra-utérins, diaphragmes et capes, et à les poser, les changer et les surveiller.

Les gynécologues-obstétriciens étant autorisés aux mêmes suivis et gestes techniques, je ne m’y attarde pas.

Où est la différence ?

N’y aurait-il pas assez de patientes pour les sages-femmes et les généralistes ?

J’espère avoir apporté les arguments qui autorisent nos deux professions à suivre les femmes en bonne santé, et suis persuadé qu’il ne faut enfermer aucun dans un cadre trop strict :

–          Le médecin généraliste ne doit pas être que l’expert du diagnostic dans le cadre du pathos, mais peut et doit suivre la population bien portante, quel que soit son sexe. Il peut et doit faire de la prévention, du suivi, et des actes de santé publique. A ce titre, ses compétences en matière de suivi des femmes bien portantes ne doivent pas être remises en cause.

–          -Les sages-femmes ont le droit et les compétences pour le suivi des grossesses, en ville ou à l’hôpital, le déroulement de l’accouchement avec notamment leur participation à l’analgésie locorégionale, et le suivi du post-partum de la mère et de son enfant ; de plus, elles ont les compétences pour le suivi de la femme en bonne santé et ont leur place dans les services d’orthogénie, de gynécologie, et de procréation médicalement assistée. Elles ont une obligation de formation ( DPC obligatoire).

Dans toute relation humaine, il y a des rencontres, parfois bonnes, parfois moins.

La patiente choisit avec qui elle veut faire un bout de sa route, et parfois, change en chemin la main qui lui est tendue.

La Médecine de Premier Recours est représentée aussi bien par les sages-femmes que par les médecins généralistes.

 Travailler ensemble, pour la Santé de nos patients, c’est mon Espérance dans notre Coopération pour une Alliance qui existe depuis déjà si longtemps…

 

 

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