Longtemps, longtemps après avoir été #PrivésDeMG

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les MG ont disparu
Leurs paroles courent encore dans les rues
La foule se souvient, un peu distraite
En ignorant le nom de l’auteur
Sans savoir pour qui battait leur coeur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d’idées
On dit “Il etait bien, mon Doc.

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les MG ont disparu
Leurs patients courent encore dans les rues
Un jour, peut-être, bien après moi
Un jour on soignera
Cette femme pour bercer un chagrin
Ou quelque heureux destin
Fera-t-il vivre un vieux mendiant
Ou dormir un enfant
Ou, quelque part au bord de l’eau
Au printemps tournera-t-il sur un dico
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les MG ont disparu
Leur âme légère court encore dans les rues

Leur âme légère, et leur savoir
Qui rendent gais, qui rendent tristes
Filles et garçons
Bourgeois, artistes
Ou vagabonds.

Longtemps, longtemps, longtemps
La la la…

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De vous à moi, je vous l’avoue,

Il y a des jours où vous pesez vraiment plus lourd que d’autres. Vos demandes, vos incompréhensions répétées, vos discours de justification, vos atermoiements pour vous laisser convaincre que la bonne solution pour vous serait de vous prendre un peu plus en charge et ne pas laisser toujours les mêmes vous tirer en avant pour votre bien le plus personnel me portent un peu sur le système.

Ces jours-là, vous m’êtes pénibles à côtoyer, à toucher, à envisager même. Le seul fait de savoir que vous allez revenir me poser toujours ces mêmes questions, auxquelles je ne peux apporter que de pauvres éléments de réponse, me désole.

Votre incommensurable disposition naturelle à envahir la salle d’attente jusqu’à la dernière minute de la consultation, à remplir le lundi matin toutes les plages de rendez-vous en 15mn, et de déborder sur les jours suivants, votre étonnement lorsque je vous indique que, compte tenu du nombre de problèmes posés, il aurait mieux valu prendre rendez-vous, tranquillement, au lieu de faire ressembler ma consultation à la queue d’une caisse de super marché un samedi matin tout cela m’est pesant.

En réalité, ces jours-là, vous me stressez, m’indisposez, me gênez.

Mais pourquoi donc ce ressentiment ? Pourquoi vous en voudrais-je à ce point ? Qu’avez-vous fait de mal ? Est-ce vous ? Serait-ce moi ?

Au tout début de notre relation, tel un propriétaire consciencieux de son cheptel durement gagné, je vous ai pris en charge, coachés, dorlotés, ai fait plus qu’il ne fallait, plus que vous ne m’en demandiez. Pas d’horaires, peu de limite jour/nuit, pas de rajout d’honoraires pour des actes dont la cotation m’échappait. Beaucoup venaient chez moi et j’étais présent pour tous.

Mais cela ne vous a pas empêchés, bande d’insoumis, de guetter mes manques, et ma fatigue, mon abnégation ne résistant pas devant votre appétit, mes lacunes se voyant d’autant plus que mes horaires s’allongeaient.

Alors, j’ai essayé le virage à 180° : « Quelle est la LOI » ?, « seule la Loi s’appliquera » ! A force de recommandations, de parapluies ouverts, de retranchements derrière les « bonnes pratiques », je vous ai fait passer, de Cheptel à usagers, et moi de Médecin trop empathique à prestataire de services.

Vous l’avez vu/senti/perçu, Oh mes patients! Vous avez remarqué ce changement que je souhaitais « prise de conscience » ; mais vous l’avez transformé en guide de consommation du prestataire de services médicaux vous m’avez pris à mon propre jeu, et vous aviez raison.

Je vous en ai voulu, oui, voulu. Me faire passer pour un prestataire de délivrance d’ordonnances et de diagnostics, froid et calculateur, comptant les items et les scores, sans âme, ni cœur.

Bien trompé, je me suis ! En voulant me préserver, je m’étais perdu. Ce qui faisait la gloire, l’honneur et la joie de mon « métier », était devenu une course  bien encadrée dans les rails de la bonne pratique.

Et cela ne m’a pas plus plu.

Pourquoi ?, comment ?, que faire ?

Toujours sur le métier, j’ai reposé mon ouvrage, et suis revenu à mes basiques (aidé en cela par ma casquette de « maitre de stage » qui m’a aidé à me poser les vraies questions). Pourquoi ce métier, qu’y chercher ? Que puis-je apporter ? Quels sont mes bons et mes mauvais côtés ? Mes atouts et mes manques ?

Reconstruire, retisser, reprendre, recommencer.

Les patients viennent chez leur « médecin de famille » parce qu’il est Médecin, bien sûr, avec ses compétences mais aussi parce que c’est Lui, et qu’avec Lui, on va pouvoir dépasser le stade du « prestataire  de services médicaux » pour entrer dans une dimension humaine, voire humaniste. Lui, on peut lui parler, lui dire ses manques et ses doutes, ses peurs et ses joies, et la façon dont il va trier, gérer, compiler et analyser, et bien c’est Son problème.

J’ai cherché le patient idéal, la patientelle bénie, mais j’avais oublié que je n’étais pas, de loin le meilleur médecin possible, et que je ne le serai sans doute jamais.

J’ai exigé, réclamé, et mis sur le dos des gens mes propres maux en les accusant d’en être la cause.

Bien sûr, vous n’êtes pas parfaits, qui le sera ?

Bien sûr, je ne sais pas tout, mais qui le prétendra ?

J’ai  fait « facile », et c’était une erreur.

« Lorsque l’on touche le fond de son incompétence, c’est là que l’on commence à apprendre la Médecine qui n’est écrite dans aucun livre ».

De vous à moi, je vous l’avoue, j’ai douté de vous, parce que j’avais trop peur de douter de moi.

C’est fait, je mixe mes peurs et les vôtres, mes connaissances et vos problématiques et, ensemble, on peut regarder en avant.

Ne vous déplaise, sans même danser la Javanaise, je vous invite à me dire tout simplement ce qui vous amène ici aujourd’hui.

Venez, n’ayez pas peur, je sais ce que c’est.